L’Atelier Architectures – savoir-faire L’atelier s’est déroulé le 11-23 Juillet 2007, dans le village de Heresti, à 30 km de Bucarest. La thème était : Conservation/restauration/revitalisation des monuments d’architecture . Les participants ont appris les plus récentes méthodes d’analyse et les techniques pour conserver les monuments en pierre, présentées par INOE http://inoe.inoe.ro/stonehouse. Ils ont appris l’ancien savoir-faire du pisé et ont construit une « maison » pour le calvaire, en s’appuyant sur la relation entre l’architecture vernaculaire et la dynamique sociale d’un village ; Les étudiants participants ont crée leur propre discours photographique sur le village de Heresti en images, qu’ils ont présenté dans le Concours « Mon Hereşti ». Participants : 5 étudiants de l’Université Lumière 2, Lyon. 5 étudiants de l’Université d’Architecture « Ion Mincu », Bucarest Bénévoles de village et bénévoles du Musée du Paysan Roumain Chercheurs du Musée du Paysan Roumain Partenaires : Le Conseil Local de Heresti L’Eglise « Elina Doamna », Heresti L’Ordre des Architectes de Roumanie L’Association Gaspar, Baltazar et Melchior La Fondation Arhiterra L’Université d’Architecture „Ion Mincu”, Bucarest HERESTI, ATELIERDE TRAVAIL DU PISE SIESTE A BATONS ROMPUS Fr : D’une manière générale on pensait qu’en tout cas, les filles et les garçons, vous avez une relation différente de nous. Les filles roumaines sont plus méfiantes peut-être au départ, et après, une fois que vous vous rendez compte qu’en fait ils sont sympathiques et que ça va, vous êtes d’accord pour rester avec eux. Nous peut-être au départ, qu’on ne connaît pas assez des garçons, souvent on voit plus spontanément. Nous sommes plus ouvertes et plus spontanées… Oui, enfin, en même temps, c’est vrai qu’on prend… on va peut-être plus directement vers les garçons plutôt que de voir d’abord, d’agir ensuite, non, le plus souvent j’ai l’impression que c’est plus spontané… et peut-être moins observatrice au début. En tout cas, il y a moins de gêne. Si on connaît pas les hommes, peu importe… parfois, peu importe si c’est un garçon et une fille. C’est ça, en fait… Ro : C’est vrai, nous sommes plus réticentes, c’est comme ça qu’on est, que la vie nous a apprit à nous comporter. C’est notre mentalité en général et en plus, nous sommes réticentes quand on est dans des lieux méconnus. Quand on est chez nous, par exemple à Bucarest, je sais quelle sorte de jeans je peux rencontrer et je me méfie autant que possible . Ici, dans le village, c’est autre chose, je suis plus sure de moi. Mais oui, c’est vrai ce qu’elles (les Françaises) disent, par exemple, nous avons entendu que chaque soirée ici quand il y a la discothèque il y a aussi des bagarres. Mais elles ont voulu y aller. Elles ont comprit jusqu'à la fin pourquoi on étaient réticentes et on ne voulaient pas tant y faire ça, mais il a fallu leur expliquer la situation pour les faire renoncer. Fr : Mais parce que chez nous c‘est pas comme ça. Enfin, en France, par exemple, il y est moins dangereux, je sais pas, le fait d’être une fille c’est moins… quelque part stigmatisant qu’ici. J’ai l’impression que si tu es une fille et que par exemple tu te promènes toute seule dans le village le soir, c’est pas normal, mais ça ne veut pas dire que les garçons pouvaient se permettre de venir vers toi, de t’accoster, d’être lourds avec toi. Ro : C’est vrai, mais ce n’est pas parce que c’est stigmatisant pour nous, je pense que c’est plutôt, comment dirais-je, stimulant pour eux. Tu vois, rencontrer une fille seule dans la rue la nuit, ça leur donne des idées aux garçons immédiatement. Ils pensent que c’est leur chance. Mais je me demande si ça se passe partout chez vous. Par exemple, si vous êtes dans un village quelconque au bout du monde, au bout de la France, vous pouvez déambuler dans les rues le soir comme ça, toutes seules, sans problème ? Fr : Non… parce que j’étais à la campagne et j’ai rencontré aussi des hommes pas aimables, vous avez raison. C’est la même chose. Ro : Mais dans le metro, ou dans un lieu public ? Fr : La seule fois où j’ai eu un problème dans le métro c’est à Bucarest… oui. Mais c’est un peu pareil partout, il y a partout des gens auxquels tu vas faire confiance mais après, c’est décevant… En France, par exemple, moi, je ne peux me perdre en me promenant dans la rue, mais peut-être aussi parce que je comprends ce qu’on me dit, alors je me balade même pendant la nuit. Ici je ne le fais pas, parce que je ne comprends pas ce qu’on me dit. En plus, en France, je sais me défendre, mais ici je ne comprends pas ce qu’on me dit, voilà. Il y a des nuances que je ne peux pas comprendre ici. En France je peux me défendre, ne serait-ce que verbalement, je peux appeler, si jamais il y a quelqu’un qui m’embête, je peux lui crier - parce que des fois ça suffit de crier, je peux partir en courant… Parce qu’il ne s’attend pas. En général, les femmes, si on leur touche les fesses dans le métro, par exemple, ne vont rien dire. Si on répond, Dieu, qu’est-ce que ça va devenir à la fin ! Le fait d’être plus désinvoltes, ça vient peut-être. aussi des garçons eux-mêmes… Ils n’ont pas la même attitude à notre égard qu’ils soient en France ou ici, en France il y a des gens qui sont vraiment … on ne peut pas leur faire confiance, mais il y la la majorité des personnes, d’hommes, quand même, qui - même s’ils trouvent une femme jolie ou qu’ils ont envie de l’accoster, ils vont pas forcément le faire. Ro : Je crois que c’est aussi une habitude culturelle en fin de compte… On a été élevées comme ça. Et nous sommes habituées à juger d’après les apparences. Fr : Moi aussi j’ai fait ça ici, quand j’ai connu Vasile pour la première fois. J’ai vu ensuite qu’il est sympathique. Mais il y a des cas où… par exemple, le premier jour, on voulait aller boire ; on a proposé d’aller boire un café ensemble à la terrasse, évidemment ici, avec que des hommes attablés et un peu ivres ; les filles ne voulaient pas. Mais s’asseoir autour d’une table ensemble, seulement pour boire un café, il ne nous semblait pas si dangereux. Moi, je voulais y aller, et puis une fois devant le fait presque accompli, je me suis dit : « Hm »… Au travail ! Finie la sieste ! Les garçons sont restés à fumer encore une cigarette pendant que les files se sont jetées sur le pisé. Aucune différence visible cette fois-ci entre les Françaises et les Roumaines.