Le séminaire « Patrimoine culturel immatériel et dynamiques sociales » Participation locale et coopération européenne LYON 14-19 mai 2007 Le séminaire est organisé par L’Association EPACTE (Echanges, PAtrimoine, Culture Technique) avec le soutien de la Commission européenne (Culture 2000), du Ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Rhône-Alpes), de la Région Rhône-Alpes et de l’Université Lumière-Lyon 2 (Faculté d'Anthropologie et de Sociologie) La région Rhône-Alpes est forte d’un savoir-faire reconnu en matière de valorisation des ressources locales. Dès la fin des années 70 (voilà bientôt trente ans), des ethnologues se sont penchés sur la revitalisation d’activités de la petite industrie, de filières de production et de transformation agricoles, végétales et animales. Depuis cette époque, les projets se sont multipliés et les acteurs ont su faire circuler, discuter leurs savoir-faire. Notons aussi la part qu’ont eues les associations professionnelles dans l’émergence et la construction de ce domaine. La thématique des savoir-faire constitue depuis 25 ans un élément structurant de l’identité culturelle de la Franche-Comté, autour d’expériences de mise en réseau de musées techniques, ou d’actions de valorisation conduites par des collectivités locales (Parc naturel régional du Haut-Jura). Le thème des savoir-faire est ainsi tout à la fois un objet de recherche (notamment anthropologique), un objet structurant en termes d’équipements et d’actions de valorisation, un secteur d’activité économique pour des filières spécifiques et un levier d’action publique dans le cadre de politiques territoriales. Au fil de ces dernières années, une réflexion s’est constituée et enrichie dans le cadre d’une confrontation entre chercheurs et acteurs du développement local. Il est ressorti que les activités économiques ne pouvaient pas être tenues à l’écart des domaines de la culture, du patrimoine, du tourisme. Nous pourrions dire que le développement local est le lieu où se confondent ces divers secteurs pour agir en faveur de la vie d’une collectivité locale. Ce séminaire prend place à la croisée des actions qui animent depuis près de dix ans un réseau de chercheurs européens, la formation professionnalisante « Métiers des arts et de la culture » conduites par le département d’anthropologie de l’Université Lumière-Lyon 2 et les réseaux des professionnels du patrimoine et du développement local. La rencontre in situ de projets Nous sommes allés à la rencontre des porteurs de projets sur leurs lieux d’exercice. Car dans ce domaine, rien ne remplace la participation. Voir, entendre, comprendre les modalités d’organisation du temps et de l’espace, les postures et les déplacements des corps est une véritable expérience que l’on doit situer dans l’ordre de la compréhension. 14 mai : Visite sur le territoire du Parc du Haut-Jura. Rencontre avec les élus et les techniciens de l’équipe du Parc mobilisés sur ces thématiques. Présentation des expériences conduites sur le territoire en matière de valorisation des savoir-faire. Rencontre avec des acteurs locaux (à déterminer) : la Fraternelle (Saint-Claude, Jura) qui conduit en partenariat avec le Parc une politique de valorisation des cultures coopératives ; le Verger Tiocan (Peron, Ain) qui préserve et valorise des espèces fruitières anciennes ; le Fort l’écluse (Ain), site fortifié valorisé sur le thème de la frontière. 15 mai : Rencontre avec la Conservation départementale de l’Isère et le Musée Dauphinois à propos des différents projets tels le Musée de Bourgoin-Jallieu (l'ennoblissement textile qui a forgé l'identité industrielle de la région), musée de la viscose à Echirolles … 17 et 18 mai : Visite de l’Atelier-Musée du Chapeau de Chazelle-sur-Lyon, le Musée Artdelaine à Saint-Pierreville installé au cœur d’une entreprise qui revalorise la filière laine locale, le centre de culture scientifique et technique l’Arche des Métiers du Cheylard qui doit son nom à sa capacité à tisser des liens entre les mondes de la recherche, de l’industrie, de l’éducation et notre quotidien. Partenaires : Université Lyon 2 (Master Métiers des Arts et de la Culture) DRAC Rhône-Alpes Musée du Paysan Roumain Université de Plovdiv Parc naturel régional du Haut-Jura Musée Dauphinois de Grenoble Atelier-Musée du Chapeau de Chazelle-sur-Lyon Musée Ardelaine Centre de culture scientifique et technique du Cheylard Notes d’une visite autour Lyon, le 13-19 May 2007 Anamaria Iuga Dans le projet « Stone House », porté par le Musée du Paysan Roumain, Bucarest, et financé par le programme de l’Union Européenne, le programme Culture 2000, l’Association EPACTE (Echanges, Patrimoine, Culture, Technique) de Lyon, qui est partenaire dans le projet, a organisé en May 2007 le séminaire « Patrimoine culturel immatériel et dynamiques sociales. Participation locale et coopération européenne ». C’était le rencontre des ethnologues et spécialistes du patrimoine des trois pays différentes : la Bulgarie, dont les trois représentants de l’Université de Plovdiv ; la Roumanie, dont les quatre représentants du Musée du Paysan Roumain ; et la France, le pays hôte, dont les quatre organisateurs du séminaire, qui ont prévu de mobiliser les acteurs régionaux pour partager leurs expérience, méthodologie et façon de valoriser des savoir-faire traditionnels. Pendant les sept jours du rencontre et du séminaire il était prévu de voir in situ des projets qui ont été mis en place soir par des acteurs locaux, soit par des acteurs associatifs, mais aussi une journée (le 16 May) de réflexion sur des exemples présentes par différents chercheurs européens, qui sont mis en réseau, mais aussi par les professionnels du patrimoine et du développement local. Provenant d’une région riche en savoir-faire dont quelques unes sont toujours d’actualité, la région de Maramures, j’étais particulièrement intéressée à cet échange, pour voir comment la France gère son patrimoine et quelle est l’expérience française en ce que regardent des activités de mettre en valeur et de garder les savoir-faire. Le premier jour nous sommes allées dans la région de Haut-Jura, une région de montagne, dont, comme nous avons pu voir, il y a une très longue expérience pour valoriser le local. À Saint-Claude, une ville de 13.000 habitants, dont les occupations principales étaient le travail du bois (la tournerie, pour faire spécialement des pipes), mais aussi le travail de la pierre, nous avons visité La Fraternelle, une Association qui est situé dans la « Maison du peuple ». La « Maison du peuple » a été fondée à la fin du 18ème siècle, pour abriter la coopérative alimentaire, mais qui était dédié aux activités sociales et culturelles. Aujourd’hui, l’Association, fondée dans les années 1980, a comme but de continuer les actions culturelles, mais aussi contribuer à la formation des jeunes, par un parcours de mémoire sur le mouvement ouvrier de la région. Notre hôte, Alain Mélo, nous fait le guide. Il est historien et il a contribué à l’organisation de la Maison de peuple telle qu’elle est aujourd’hui. Passant de la Cafétéria, ou les employés de la Fraternelle nous ont acquit, passant par la petite cour, nous allons à découvrir la maison qui a plusieurs étages qu’on croit au début. Au premier, l’exposition permanente : des anciennes photos, des affiches, maquettes qui expliquaient l’histoire des ouvriers et de la création du Maison de peuple. Ensuite, une salle avec des anciens objets qui ont appartenu à la Fraternelle : des boites, des plaquettes, des panneaux, des anciens radios, tous pour refaire l’esprit d’un temps passées. L’exposition me rappelle des fois la période communiste, avec les discours propagandistes... ça peut être une simple illusion, mais je m’amuse de reconnaître la même état d’esprit, utilisés pour un autre but. Ensuite les machines à imprimer que seulement des artistes qui viennent ici en résidence, et des élèves les utilisent pendant l’été, dans des camps et ateliers organisées par l’association. Même si les affiches et les imprimeries sont faits par la machine, il y implique beaucoup de travail fait avec la main. Voila, ce que nous approche, car au Musée du Paysan Roumain, beaucoup des livres et brochures impliquent un travail fait avec la main. On apprécie plus la main que la machine, c’est plus personnalisé. La dernière salle est celle avec des gros tonneaux où il y avait du vin de table. Ils gardent encore l’odeur du vin, mais aussi l’histoire de la vente des vins. Mais la Fraternelle est aussi le cinéma, le théâtre, la musique. L’association fait partie des diverses réseaux du cinéma, du jazz, de théâtre, d’art contemporain qui leur permettent de promouvoir leurs activités. C’est une vraie « entreprise » culturelle, centrée sur le pédagogique, car le public central ce sont les jeunes et les élèves. La Fraternelle travaille avec des bénévoles surtouts : il y a plus de 15 bénévoles qui sont actives et qui sont responsables de l’organisation des activités diverses de l’association, comme le festival de jazz de Saint-Claude, les soirées cinéma... L’après-midi nous avons visité l’Atelier en construction, d’un petite village, Ravilloles. Toujours dans la même région de montagne. Les élus des plusieurs communes, ensemble avec des artisans de la tournerie, ont monté un projet ensemble pour construire l’Atelier des savoir-faire de la tournerie. À la menace du temps, après toute l’industrialisation de la région et surtout pendant le processus de mondialisation, les anciennes métiers sont gardés encore par un petite nombre des artisans qui, groupés ensemble, veulent consolider leur métier par le faire apprendre aux autres. L’Atelier se met en place dans une ancienne tournerie et il est encore en construction. C’est une manière d’attirer des touristes mais aussi des jeunes qui veulent apprendre la tournerie. Il y aura des artisans qui vont enseigner le métier, mais il y aura aussi une exposition avec des produits de la tournerie : des jouets, des pipes, des boutons, des diverses objets etc. L’idée du projet nous a été présentée par des élus des communes. La voix des artisans était très peu entendue, même si c’est eux la vraie richesse du lieu, car c’est eux qui gardent le savoir-faire qui se trouve menacé par le temps. L’autre jour nous avons visité le Musée du Chapeau, les anciennes Usines Blanchard. Dans le village de Chazelle-sur-Lyon, la seule industrie était pour beaucoup de temps, la fabrication des chapeaux. Au 1970 l’idée de créer un musée du chapeau c’est mis en place et le 1983 le musée est inaugurée. Le musée c’est géré par une Association et il est entré dans la Réseau des créateurs des chapeaux. Il y a des rencontres nationales et internationales qui ont lieu dans ce musée, qui, apparemment, c’est le seul Musée du Chapeau de la France. Notre hôte nous a expliqué l’histoire du musée, et nous a fait la visite guidée. Les objets plus imposants de ce parcours muséale étaient surtout les machines, car le musée est construit autour d’un patrimoine industriel. Mais le travail à la main n’est pas oublié. Il y avait un artisan qui nous a fait une démonstration de finissage d’un chapeau, et nous a crée des chapeaux aux formes variées. Déjà après deux jours et je me rends compte qu’ici ce que est plus valorisé est le patrimoine industriel. Les visites m’ont fait rappeler les visites de mon enfance sous la période communiste, quand nous étions à visiter les entreprises. Mais là c’était pour mettre en valeur l’homme nouveau, l’ouvrier. En France, dans une société où le patrimoine c’est très liés à l’industrie, c’est normal que les discours qui se font autour le patrimoine et son sauvegarde se basent sur le savoir-faire industriel. Peut-être je suis trop habitué de penser les savoir-faire comme opposés à l’industriel, tandis que dans ma région natale il y a tant d’exemples des artisans qui font tout à la main, et beaucoup des discours sur les savoirs-faire sont autour de ces types de connaissances. L’après-midi nous sommes allés à visiter une ferme. C’est une ferme bio, où les propriétaires reçoivent des groups, surtout des enfants, et font des activités avec eux. Premièrement, la visite de la ferme. Petit à petit, les propriétaires nous ont expliqué comme ils ont transformé la ferme de leurs parents dans une ferme bio. C’est une ferme de vaches laitières. Ils ventent le lait et des produits laitières, mais aussi, ils reçoivent des groups d’enfants qui viennent découvrir les animaux et la vie à la ferme. Comme j’étais intéressé au foin dans la région de Maramures, j’ai pris un intérêt spécial au foin dans cette ferme. Et j’étais surpris de voir que le foin se fait à partir du mois du May, et qu’il est séché dans les granges. Tout le paysage avec des moules de foin et des ballots avaient disparu. Quand même, les propriétaires ont expliqué que c’est pour garder les vitamines du foin, qu’il faut le sécher dans les granges, à l’aide des ventilateurs. Leur ferme fait aussi parti des diverses réseaux : réseau bio, mais aussi agro-tourisme. Dans le guide des fermes agro-touristiques étaient aussi quelques fermes de la Roumanie présentes. Le dernier jour nous sommes allés en Ardèche, toujours une région de montagne. Après une route très sinueuse, mais avec un paysage vraiment exceptionnel, traversant des villages avec des anciennes maisons en pierre, des fois non-habitées, nous sommes arrivés à Saint-Pierreville où se trouve le Musée Ardelaine. Ici nous avons connus les personnes qui, en 1975, sont venus dans la communauté et ont remis sur les pieds une vraie industrie à la base de laine, essayant de re-créer et développer la communauté à partir d’un métier et occupation traditionnelle mis à l’oubli, à travers la mise en valeur des anciens savoirs-faire locaux. Les cinq personnes ont fondé la SCOP (Société Coopérative de Production) Ardelaine et, quand ils sont vénus ils nous ont expliqué qu’il n’y avait pas de référence ni dans la vie quotidienne, ni dans la vie économique. Les anciennes maisons étaient vendu pour rien, les anciens savoir-faire n’étaient plus apprécies et la vieille filature du village était en ruine. Ainsi, ils ont du reconstruire, refaire ce que c’était déjà une ruine, mais, ils ont du aussi créer les interlocuteurs : ils sont allé chez les éleveurs de moutons et ils ont remis en fonction une réseau de production - consommation. Jusqu’au 1982 ils ont mis en place toute la structure industrielle pour la production de la laine. Les diverses produits (des fils de laine, des pulls, des tissus en laine, des oreilles et des taies etc.) ont un grand succès maintenant et, à partir du 1990 ils ont voulu agir sur le territoire, en collaboration avec un ethnologue, Sylvette Williams. Le 1991 ils ont ouvert le musée Ardelaine, un musée où « l’on s’amuse, on apprend, on bouge, on comprend, on participe, on s’émerveille à chaque instant » (site www.ardelaine.fr). Le musée est construit pour mettre en valeur les connaissances traditionnelles liées à la laine, mais aussi pour faire connaître aux gens le parcours de la laine. C’est un musée interactif : les visiteurs peuvent filer la laine, ils voient des poupées qui bougent pour expliquer la façon de travailler avec la laine au parcours des siècles, avec l’accent sur la période industrielle. C’est un musée qui se veut exhaustive sur la question de la laine. Les premières salles sont faits dans la logique de présenter toutes les gestes et outils, depuis 2000 ans, dans un contexte mondiale, un peu comparatiste. Tandis que les salles qui présentent les machines et l’industrie liée à la laine, sont surtout centré sur la région et expliquaient le local. Le musée, pourtant, ne peut pas être géré tout seul, car il est très lié à la SCOP Ardelaine. Les mêmes employés de la SCOP s’occupent du musée et ils font les visites guidées, chaque à son tour. Il y a deux types de visites : a. « Du mouton au pull » - une visite faite autour l’histoire qui commence par la domestication du mouflon et sa sélection pour développer sa toison de laine. Elle se poursuit à travers les découvertes qui ont permis de la carder, filer, tisser pour réaliser des vêtements, des matelas, des tapis etc. b. « La laine en révolution » - autour la révolution industrielle, liée au développement local. Le publique peut visiter le musée pendant tout l’année, sauf le Janvier quand il est fermé. Il y a des programmations des groups qui se font aussi sur internet. Le publique visée c’est surtout des groups organisés : des associations, des retraités, des groups d’élèves ; mais il y a aussi des touristes occasionnels, spécialement pendant l’été, ou des gens de la région. Les visites durent une heure - une heure et demi. Depuis qu’il est ouvert il y a eu 20.000 visiteurs par année, et donc, ils veulent investir de plus dans le musée et le développer de plus, pour pouvoir meilleur recevoir les touristes. L’expérience de l’Ardelaine est, dans le même temps, économique et culturelle. C’est un bon exemple d’un musée privé ouvert à l’idée des entrepreneurs locaux qui veulent actionner sur le territoire et le mettre en valeur du point de vue culturel. Ce qui fait penser à la réalité Roumaine. J’essaye de trouver une initiative similaire, et je trouve seulement une : le musée Florian, situé à Cerneşti, le département de Maramureş, un musée d’art contemporaine ouvert par un geste de mécénat du patron d’une entreprise de marbre. Mais c’est un seul exemple, qui n’est pas très connu dans la Roumanie. Tellement liée à l’industrie, le local se construise dans les régions visitées en France, à partir du patrimoine immatériel, des savoir-faire reconnus comme ressources locales. Mais ce travail de valoriser le local implique, comme vue pendant les visites des diverses endroits et institutions, implique diverses acteurs : il y au premier, les ethnologues qui se sont penchés à étudier les petites industries qui étaient mis à l’oubli. Il y a, après, des autres spécialistes en sciences sociales, spécialement des historiens, comme dans le cas de la Fraternelle. Il y a surtout des élus locaux, des maires et des représentants des communautés qui s’impliquent dans ce travail de faire connaître le local et mettent en oeuvre des politiques territoriales qui combinent le culturel avec l’économique. Et il y a des Associations, des Écomusées ou des investisseurs locaux qui se préoccupent du développement local. Visite aux musées de communauté en France Catalina Tesar En France, le processus de désindustrialisation a connu son apogée dans les années 70. Dès lors, les pratiques de patrimoine qui suivent une logique à la fois symbolique et marchande, se développent et se répandent dans le pays. Elles se développent dans le cadre territorial et communautaire. Ces pratiques se cristallisent dans une région bien définie ou autour d’un savoir-faire spécifique. Pour la Roumanie, comme pour tout autre pays d’ancien bloc communiste du Sud-est de l’Europe, qui est confrontée à la désindustrialisation et au sous-développement de l’agriculture concomitamment à l’essor du secteur tertiaire de l’économie, la France peut être prise comme un modèle de valorisation du patrimoine dans un contexte de développement du tourisme culturel ou de l’agrotourisme. C’est dans ce cadre que, en tant que muséographe au Musée du Paysan Roumain, j’ai eu la possibilité de participer à une excursion dans la région Rhône-Alpes et de visiter des lieux du patrimoine. Je vais essayer de décrire quelques-uns de ces lieux, en ouvrant l’espace pour une comparaison avec des faits similaires en Roumanie. Je vais regrouper sous le terme générique de « musée » les lieux que j’ai visités. En fait, nos hôtes, à Lyon, nous ont promis de nous montrer des « musées de communauté » et des « écomusées » de leur région. Disons, tout d’abord, que ce qu’on appelle dans le langage du tourisme culturel, le « produit d’appel » était représenté, dans presque tous les lieux visités, par l’environnement naturel. C'est-à-dire que le cadre écologique et géographique représentait l’attraction principale des touristes potentiels. Premièrement, nous sommes allés au Parc naturel régional du Haut-Jura. C’est ici qu’on a visité la Maison du Peuple, une sorte d’entreprise communautaire établie dans un ancien bâtiment qui a appartenu, avant la guerre, à la coopérative d’alimentation La Fraternelle. Dans les années 80, l’association La fraternelle est constituée dans le but de sauvegarder la mémoire du mouvement socialiste jurassien, mais aussi pour l’investir des pratiques actuelles. Ainsi, on a ouvert cette maison à des jeunes de la communauté qui sont activement impliqués dans des activités culturelles comme le cinéma, le jazz, le théâtre, les arts plastique etc. La Maison est ouverte à un large public. C’est le musée du mouvement socialiste de la région. La visite suit un trajet comprenant tous les niveaux du bâtiment pour « rencontrer » la réalisation concrète d’une utopie sociale (coopérative d’alimentation-boucherie, caves à vins, syndicats, mutuelles, organisations culturelles et sportives). Ce lieu de culture est, en même temps, une entreprise de la culture. C’est une sorte d’écomusée dans le sens où il vit par l’intermédiaire de la communauté au milieu de laquelle il se trouve. Ce musée n’est pas seulement un lieu de mémoire, mais aussi un lieu tout à fait actif où les pratiques culturelles s’inscrivent dans une logique de pédagogie. La visite suivante était à Lavans-les-Saint-Claude, où on a pu voir le Pôle des Arts de la Tournerie et du Bouton. C’est un projet mis en œuvre par l’association Art Tournage et Culture avec l’aide d’ethnologues qui ont travaillé autour du savoir-faire locale, la tournerie et la tabletterie. Au-delà de l’exposition qui retrace l’histoire de cette activité, on a construit ici des ateliers qui abritent des machineries mécaniques et électriques. En fait, les produits de l’atelier peuvent être achetés au détail sur place, mais ils sont aussi livrés à des entreprises de mode. Ainsi, la production de boutons en bois, bien que présentée au public comme activité culturelle liée à la mémoire locale et au savoir-faire territorial, s’inscrit en fait sur un marché qui est ouvert au profit. A Chazelles sur Lyon, le musée atelier du Chapeau se trouve dans une situation similaire. Ici, l’ancienneté de la tradition de la fabrication du feutre remonte jusqu'au XVIème siècle. Au cours du XIXème siècle, les petits artisans disparaissent à cause de la mécanisation de certaines phases de la production du chapeau. C’est ainsi qu’au XXème siècle la ville a déjà 28 des usines. Ces usines sont les principales productrices de chapeau de feutre de luxe en France. Elles seront toutes fermées dans la période de l’après seconde guerre mondiale. La chapellerie est un souvenir enraciné dans la mémoire de la collectivité. Les châteaux des patrons chapeliers qui parsèment la ville semblent rappeler les modistes d’autrefois. Le musée du Chapeau a été ouvert dans une de ces anciennes usines. On peut y voir les diverses phases de production d’un chapeau, tout comme les diverses modes qu’il a traversées au fur et à mesure du temps. Mais ce n’est pas seulement un lieu de mémoire. On y trouve un atelier de production de chapeaux. Ces objets sont destinés au magasin du musée ou sont commandés par les modistes. L’atelier est aussi ouvert aux jeunes disciples qui s’intéressent à la chapellerie. Comme dans les autres lieux du mémoire que je viens d’évoquer, on voit ici clairement surgir la dimension pédagogique des musées qui est, d’ailleurs, une des directives des conventions de l’UNESCO. On retrouve cette dimension éducative en Ardèche, à l’Ardelaine, un musée- boutique-fabrique qui se développe autour du fil de laine. On peut y voir l’histoire de la laine en commençant par ses producteurs - les moutons - et passant par les divers étapes du filage jusqu’au produit final : le pull-over, le coussin ou les chaussettes. Les moutons sur le site servent de vraies leçons de biologie pour les groupes des écoliers en visite. Le musée abrite des objets utilisés au long du temps dans l’usinage de la laine, des objets les plus anciens mécaniquement activés jusqu’aux machines électriques. Au restaurant du musée, on déguste des produits du terroir comme le fameux fromage de chèvre. Les produits de l’atelier peuvent être achetés dans la boutique sur le site ou sur commande. Non loin de cet écomusée se trouve L’Arche de Métiers, un musée moderne où on retrouve des installations qui témoignent de la culture scientifique, technique et industrielle. Savoir-faire du bijou, du textile, du plastique, nouvelles technologie de l’information et de la communication dans l’industrie sont tous présents dans la visite interactive que le lieu offre. Tous ces endroits sont des exemples de valorisation du patrimoine industriel, ce qui pourrait être une nouveauté pour les activités muséales dans la Roumanie. Toutefois, l’histoire du développement de l’industrie est différente dans les deux pays. En Roumanie, on patrimonialise habituellement les pratiques ou les savoir-faire dits « traditionnels ». Et, le processus de patrimonialisation initié par des communautés en est encore à ses débuts. Il manque une claire direction pédagogique ainsi que la mise en contexte des savoir-faire. Cela renvoie à des causes plus profondes comme le manque d’expériences dans les pratiques associatives ou dans l’esprit d’entreprenariat. Prenons l’exemple d’Horezu, une petite ville roumaine qui est connue pour sa production d’objets en céramique au temps du communisme et qui essaye aujourd’hui de s’inscrire dans le circuit du tourisme culturel. Parmi les 30 artisans actifs, un seul a réussi à ouvrir un site qui comprend un mini-musé, un atelier pour des démonstrations et une boutique a la fois. C’est peut-être peu. Mais, les choses évoluent rapidement. Maria Mateoniu Bucarest, 12. 08. 07 Les liens entre le patrimoine et le territoire Quelques périples dans les régions autour du Lyon (France) Le séminaire organisé par l’Université de Lyon II en mai 2007 a permis à quelques scientifiques et professionnels du patrimoine provenant de trois pays européens (la France, la Bulgarie et la Roumanie) de se réunir et de partager leurs expériences. Cette rencontre internationale portant sur les liens entre le patrimoine et le territoire a été suivie des visites guidées dans plusieurs écomusées et petites entreprises artisanales, dans les régions du Haut-Jura, de la Loire et de l’Ardèche. Le séminaire a constituée une opportunité pour mieux connaître la France et prendre conscience des différences entre nos pays. Avec beaucoup de bonheur, je partage avec vous cette expérience française et aussi les réflexions que j’en ai tirées. Les livres consultés sur les problèmes liés au patrimoine m’ont fourni une image assez sombre sur les rapports que les sociétés contemporaines entretiennent avec leur passé. La tendance a été de voir dans les pratiques de mise en valeur du patrimoine l’obsession de l’Homme moderne pour ses reliques, obsession qui trahie une angoisse terrible de celui-ci face à la mort[1]. Est-ce qu’on vit aujourd’hui sous la peur de perdre nos racines ? Est-ce qu’on vit sous la nostalgie des liens avec nos pères et avec le Père ? Je ne vous cache pas que j’ai été préoccupée par ce genre de questions avant même de partir en France, et qu’elles ne m’ont pas encore quitté. La réunion internationale de Lyon m’a surprise par son caractère pragmatique. Plusieurs projets de développement local, appuyés sur les savoir-faire traditionnels, ont été présentés. Néanmoins, au-delà de leur pragmatisme indiscutable, les discussions du séminaire ont mis également en évidence les aspects idéologiques de la problématique débattue. Concrétisé comme l’effort et l’intelligence des personnes et des groups humaines de bâtir leur vie par la réactualisation de certains éléments du passé (objets, fêtes, savoir-faire et métiers), le patrimoine se présente comme une solution aux problèmes actuels ; une dernière carte jouée contre les effets les plus déplaisants de la mondialisation. Contre les effets de la mondialisation, cela veut dire contre le profit économique pur et dur et favorable à toute action durable et continuelle. En disant contre, on ne veut pas dire hors, mais plutôt par rapport et en relation. Les alternatives appuyées sur la réactualisation des savoir-faire se configurent par rapport (en réaction) aux tendances de délocalisation et de dépopulation des territoires. Les pratiques du patrimoine sont à l’image de la vie dans toute sa complexité. Ainsi, le patrimoine s’inscrit toujours dans une dynamique qui rend les limites floues et passables, d’où son image de jonction entre l’économie et la culture, entre le public et le privé et, aussi, entre l’action concrète, le rêve et l’idéal. Pour mieux comprendre ces réflexions sur le patrimoine et son rapport au territoire, décrivons les rencontres avec les gens qui le bâtissent sans cesse, ceux qui ont consacré leur profession, souvent leur profession de foi, aux divers savoir-faire traditionnels. Nonobstant l’ordre des visites, je commencerai mon périple en Ardèche, là où se trouve l’entreprise artisanale Ardelaine. Nous sommes arrivés à Saint Pierreville après avoir parcouru une route sinueuse qui relie cette petite localité à Lyon. Admirés à travers la fenêtre de la voiture, les monts d’Ardèche paraissent d’une beauté bien étrange. Les maisons entièrement en pierre, de la fondation jusqu’au toit, formaient des hameaux que nous avons traversé tour à tour au longue de la route. Sans m’en rendre compte, j’ai commencé à chercher dans le paysage les vaches, les moutons et les gens. Je m’attendais à voir beaucoup d’animations : des villageois sur le chemin ou dans leurs cours, travaillant, bavardant, ou surveillant tout simplement la route, les bras croisés. Etant habituée à ce genre de paysage, les villages des monts d’Ardèche m’ont beaucoup contrariée… Quelle beauté ! Mais où sont donc les gens ? Pour arriver à l’entreprise Ardelaine, nous avons quitté la route et nous sommes descendus à pieds une petite allée construite soigneusement avec des dalles irrégulières, de pierres amenées des montagnes. Dans une petite vallée et au bord d’une rivière, s’entrevoient quelques constructions du même acabit. Après quelques minutes, nous sommes là, à faire le tour de ces bâtiments abritant les ateliers, les dépôts et les musées de l’entreprise Ardelaine. Notre guide est Gérard Barras, le cofondateur de l’entreprise. Il nous raconte cette « aventure» qui a commencé dans les années 1970, après la découverte de la filature en ruine de Saint-Pierreville. Sept années ont été nécessaires pour créer les conditions du démarrage du projet. La Scop Ardelaine a été fondée en 1982 à l’initiative de seize personnes. Le but de l’entreprise a été de reconstituer la filière de laine de la région, de la production jusqu'à la vente. Quatre ans plus tard, un atelier de tricotages a été installé dans la Zup de Valence. En 1989, les entrepreneurs d’Ardelaine ont crée un musée, afin de vendre leurs produits sur place et de donner une nouvelle dimension à l’entreprise. Le musée envisage l’évolution des savoir-faire liés à la fabrication de la laine de la région et d’ailleurs. Si la première section traite de l’histoire des techniques manuelles du travail de la laine, la deuxième présente le passage de la dimension domestique à la dimension proto-industrielle, de l’apparition des premières machines. Le musée a une fonction culturelle et pédagogique complémentaire à la production. Il est la vitrine d’un patrimoine ayant ses origines au-delà du strict cadre local. Ses salles, nous les avons parcourues assez rapidement, tout comme ses ateliers et la boutique. A côté, en plein air, dans une étable ouverte au public, nous avons fait connaissance avec quelques moutons provenant de Hongrie. Ils étaient tellement imposants avec leurs riches cornes, l’image véritable de la force. Je me surprends brusquement dominée par une fierté inexplicable étant donnée la « rivalité » historique entre la Roumanie et la Hongrie. Mais je suis animée par l’idée qu’un beau jour les moutons de Roumanie tenteront aussi leur chance sur le marché des bétails. En tant qu’héritiers des savoir-faire qui sont à la fois locaux et globaux, les entrepreneurs d’Ardelaine témoignent aussi une double expérience : économique et culturelle. Il faut souligner que l’entreprise, même lors de sa création, n’était pas un projet purement et strictement économique, qui avait pour seul but le profit. Dans les années 1970, « l’Ardèche était un vrai laboratoire d’expérimentation sociale », une destination privilégiée pour les jeunes qui était déçus de leur société et qui voulait construire un nouveau monde[2]. L’idée de l’entreprise est apparue dans cette époque de l’après 1968. Le projet s’est inscrit dans le mouvement de reconstruction de la campagne et des territoires abandonnés par la « civilisation industrielle inexorablement entraînée vers toujours plus de concentration : concentration des populations dans les villes, concentration des richesse et concentration des pouvoirs »[3]. Pendant les années 1970, les petits agriculteurs d’Ardèche étaient dans l’impossibilité de vivre des leurs produits. La région était en passe de devenir un lieu purement touristique et de villégiatures pour les Néerlandais qui avaient acheté de vieilles fermes pour en faire des résidences secondaires. Cette histoire de l’entreprise Ardelaine et de la région d’Ardèche me détermine inévitablement à réfléchir à la campagne de Roumanie qui se trouve en pleine transformation depuis l’adhésion du pays au sein de l’Union Européenne. Le contexte est sans doute différent. Après une assez longue époque de propagande et de collectivisme imposé, mes compatriotes rejètent encore la possibilité de s’associer et de « faire ensemble » les choses. Leurs préoccupations se résument souvent aux calculs économiques, ce qui fait du patrimoine un terrain disputé, de la pure revendication de droits de propriété. Je regarde Gérard qui a l’air de quelqu’un qui a une grande expérience, une personne qui aime l’aventure. Ses amis associés, avec lesquels nous avons parlé à la Cafétéria autour d’un délicieux repas, me donnent la même impression. Ils travaillent ensemble depuis trente ans, et la solidarité me semble être le secret de leur réussite. Héritière des utopistes sociaux qui ont expérimenté des projets de sociétés alternatives, l’entreprise d’Ardelaine fait partie du mouvement coopératif qui, en France, prouve encore son actualité. Dans le pays de Fourier et Saint-Simon, la coopération bénéficie d’une longue tradition. Dans le Haut Jura, nous avons visité la « Maison du Peuple » qui a été le siège de la coopérative d’alimentation « La Fraternelle ». La coopérative a été fondée en 1881 par le Cercle Ouvrier de la ville de Saint-Claude selon le modèle lyonnais. Ses bénéfices étaient consacrés en totalité aux œuvres sociales (caisses maladies, chômage, retraite). Dans les années 1897-1898, les coopérateurs découvrent le modèle des ouvriers belges de Bruxelles et Gand : sous le même toit ceux-ci ont regroupé tout le patrimoine de la coopérative : bureaux, entrepôts, salle des fêtes etc. En suivant ce modèle, en 1910, les coopérateurs de Saint-Claude, construisent leur propre Maison du peuple. S’y inaugurent la Bourse de travail, le siège des syndicats et de la coopérative de consommation, la bibliothèque, le théâtre, le cinéma, le café, le restaurant, l’Université Populaire. Grâce à son imprimerie, la Maison est devenue un lieu de propagande et de diffusion de la presse du mouvement socialiste dans le Jura. Sous l’occupation, la Fraternelle oppose la résistance aux Allemands et subie leurs représailles. Après la guerre, les conditions n’ont pas été favorables à une activité en coopérative, et, en conséquence, la Maison de Saint-Claude a connu une assez longue période d’inactivité. Cela jusqu’en 1984, quand les coopérateurs ont fondé une association dans le but de sauvegarder la mémoire du mouvement ouvrier du Haut-Jura. En 1993, la Maison a été déclarée monument historique. Dans ses anciens entrepôts, une exposition a été mise en place. L’historien Alain Mélo a été chargé par l’association de classer et d’inventorier le fonds d’archives. C’est lui qui a été notre de guide. Autour d’une cour intérieure, nous avons fait un va-et-vient entre la Cafétéria et la salle de cinéma/théâtre, les salles d’exposition, les dépôts, les archives et les caves. La Cafétéria paraît être le cœur de la maison, le lieu d’accueil et d’information. Dans la Cafétéria, ont lieu les répétitions pour les concerts et les discussions entre les membres de l’association et les bénévoles. L’exposition restitue le monde ouvrier du XIX-ème et XX-ème siècle : des affiches avec des slogans et des pages de journaux placardent les murs ; quelques boîtes en bois déposées redonnent l’atmosphère des anciens entrepôts. Dans une autre salle, se trouvent les machines de l’ancienne imprimerie qui sont en partie encore utilisées par les élèves de la localité. Je redécouvre la plasticité des lettres, en regardant les images fabriquées par les jeunes de Saint-Claude. De l’imprimerie, nous sommes descendus dans les caves qui exhalent encore l’odeur du vin. Alain Mélos nous parle des activités de la Maison, en passant facilement du passé au présent et du présent au passé. Je suis fascinée par le lieu qui est à la fois musée, espace de réunion et de culture, tout cella en tant qu’initiative privée, d’une association. Par ses nouvelles activités (concerts de Jazz, théâtre, cinéma, expositions) la Maison du peuple semble avoir repris sa place dans les préoccupations des gens de la ville. Après la Maison du peuple, nous avons visité L’Atelier des savoir-faire de la Ravilloles. L’Atelier, qui est encore en cours d’aménagement, est une autre grande maison de la région. Il s’agit d’un projet à l’initiative du Parc national régional du Haut-Jura dont le but est de réunir sous le même toit les savoir-faire régionaux. La promotion des savoir-faire locaux, leur « valorisation, conservation et modernisation » fait depuis longtemps l’objet des préoccupations du Parc[4]. Une Route des savoir-faire a été mise en place pour faciliter le contact des touristes avec les artisans. Par la construction d’un grand atelier, le Parc souhaite encourager la vente directe des produits, l’apprentissage et la transmission des diverses métiers. J’ai été impressionnée par la diversité des métiers traditionnels du Haut-Jura : tourneurs et tabletiers, fabricants de jouets, pipiers, boisseliers, layetiers, horlogers, émailleurs, lunetiers, lapidaires et diamantaires, tavaillonneurs… Développés dès le XVIII-ème siècle, plusieurs de ces savoir-faire sont devenus aujourd’hui des produits compétitifs sur le marché européen. Sans prétentions à épuiser cet univers, arrêtons là notre périple dans le pays des savoir-faire en revenant à nos questions initiales. Pour conclure, le patrimoine n’est pas seulement une obsession de l’homme moderne. Le patrimoine se prête à la concurrence et à l’échange marchand, la mise en valeur des savoir-faire impliquant souvent une conquête des marchés internationaux. Le patrimoine est devenu une solution à nos problèmes et une pratique de chaque jour, une création de plus en plus dynamique et sans frontière. [1] Voir Henri Pierre Jeudy (dir.), Patrimoines en folie, Paris, MSH, 1990. [2] Béatrice Barras, Moutons Rebelles. Ardelaine, la fibre développement locale, Valence, Editions Repas, p. 7. [3] Ibid, p. 54. [4] Voir les dépliants de présentation.